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lundi 26 juillet 2010

archives 2008, outrages de dames, recueil






Outrages de Dames a été tiré à cinq cent vingt exemplaires dont vingt de tête aux éditions Carré d’Encre. L’ouvrage rassemble une suite de poèmes de collages de Marie-Laure Missir. L’ensemble a été achevé d’imprimer en mars 2009.










La sonate solitude.

Le territoire de l’oiseleur tient entre deux cuisses, l’une longue et un peu maigre et puis l’autre. Aux rivages de pièges succèdent les champs d’inadvertance. Les reliefs modèlent l’espace creux des désirs et parfois rien de plus. Il y a des pierres dit-on solitaires qui affleurent en chaos ou est-ce l’inverse ? Est-ce l’averse insensée qui retourne la terre à ses pieds nus ? Son image s’est perdue. C’est pourquoi elle explore en spirale les ressorts géographiques de cette terre ancienne. Elle foule seule les parapluies du sol. Elle seule pare le sol d’une foule de pluie. Elle respire à grand coup l’odeur échevelée de ses pas humides. Il n’y a plus rien à pas, à part toi, là dans le sol, rien, aucun appât et l’oiseleur est là si seul, pas si seul. Sa proie est au sol.


Marie-Laure Missir

mercredi 21 juillet 2010

archives 2008, la leçon mélancolie


La Leçon Mélancolie, poème d’Anne-Marie Beeckman, répond à neuf collages de Marie-Laure Missir. L’ouvrage a été tiré à cent vingt cinq exemplaires par les éditions Carré d’Encre.



Il n’y a qu’un monde, qu’on le vide ou qu’on le peigne. Il s’agit seulement de dire comment on est agi par lui. Aujourd’hui, comment les collages de Marie-Laure Missir nous agitent. Sur sa table de dissection, Marie-Laure provoque les rencontres fortuites ! Elle traduit.

Traduction de traduction, il n’y a qu’un monde.

Anne-Marie Beeckman


Epeller l’alphabet des corps jetés au vent du désir, déchiffrer celui des herbes folles, celui des vagues et d’autres encore. Quelle langue parle Anne-Marie Beeckman ? Une langue qui fait écho et qui me semblait résonner dans mes collages. Il s’agissait donc d’ouvrir des pages au dialogue, d’ouvrir des yeux et des oreilles.

Marie-Laure Missir


archives 2005, Joyce Mansour, Nouvelles rubriques pour petite bringue


Nouvelles lubriques pour petites bringues, textes de Joyce Mansour, illustrations de Jean Benoît et Mimi Parent et pour le tirage de tête de collages de Marie-Laure Missir, Les Loups sont fâchés, 2006, Paris



Sur les loups sont fâchés...

La poésie est à géométrie variable : aucun rapport de proportionnalité entre poids et taille, entre matière et couleur d’un ouvrage. Entomologiste du surréalisme, Eric Benveniste a choisi la légèreté des élytres soigneusement arrachées à des insectes souvent rares, des ailes de papillons de nuit ou de jour à peine moins légers que l’air, des carapaces qui luisent d’un orient parfois inquiétant, des plumes odorantes... Le résultat : une fête multicolore de vingt et une plaquettes, toutes en longueur et en ardeur, élégantes, un festin de textes enluminés dont les convives sont Guy Cabanel en « robe de flammes », Anne-Marie Beeckman en « manteau de taupe », Jacques Abeille en « bête louche », Vincent Bounoure en « oiseau égaré », Pierre Peuchmaurd en « loup de ciel », Ghérasim Luca en « chat double »... parmi d’autres pour les les dessins, découpages, collages et confettis, on rencontre la bête amoureuse de Jean Benoît, les bêtes microscopiques de Jacques Lacombez, celles en cristal de Jacques Hérold, les chimères de Ted Joans, les bouches ouvertes de Georges-Henri Morin, quelques squelettes de Jorge Camacho… dans l’ordre d’apparition pour le plus grand désordre des sens et j’en oublie volontairement car la liste est aussi longue qu’essentielle. L’Envers du réel n’est pas seulement une collection des éditions Les Loups sont fâchés, l’Envers du réel est une des régions de ce domaine menacé de l’édition où l’exigence règne encore.

par Marie-Laure Missir